la solitude

Publié le par zenattitude

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Plusieurs auteurs ont fait la différence entre un état d’isolement et le sentiment de solitude. L’état d’isolement correspond à la solitude objective, le sentiment de solitude à la solitude subjective. Un état d’isolement n’engendre pas nécessairement un sentiment de solitude. Celui-ci peut naître chez des personnes parfaitement bien entourées.

L’isolement social représente le problème majeur de l’avance en âge dans nos sociétés industrialisées. Selon Jacques Fessard (1978), l’isolement social pose des problèmes réels, tant affectifs que matériels. L’auteur cite les conclusions d’enquêtes américaines sur l’isolement social:

  • isolement résidentiel et isolement social ne coïncident pas nécessairement
  • l’isolement social s’accroît à mesure que la personne vieillit
  • l’isolement social affecte davantage les personnes socio-économiquement faibles et agit alors de façon déprimante sur le moral. Ainsi, l’isolement social n’agit pas tout seul, mais, combiné à la personnalité ou à l’état psychophysiologique, il aboutit à un processus de désengagement de la personne vieillissante face au système social. 

 

Apprivoiser sa solitude

La solitude est en relation étroite avec la maturité affective. Il existe une forme de solitude qui contribue à élargir la conscience d’être, à consolider son sentiment d’identité et à enrichir sa vie. La solitude n’effraie pas ceux qui sont de bons compagnons pour eux-mêmes et qui prennent le temps d’entretenir leur richesse intérieure. Elle exige que nous ne soyons pas dépendants. La dépendance n’enrichit pas; au contraire, elle appauvrit la personne qui la vit.

Le sentiment d’identité doit être assez solide pour ne pas dépendre de l’opinion des autres et pour résister aux épreuves de la vie. Il doit sauvegarder en nous la certitude notre valeur essentielle, indépendante de nos propres limites (Balier, 1973).

Devenir adulte, c’est sans cesse se séparer, se détacher, afin de pouvoir se centrer de plus en plus non sur soi, mais en soi. Cette évolution, à travers l’Apprentissage du détachement, se poursuit toute la vie (Laberge, 1990).

Nous avons besoin de solitude pour intégrer un à un les événements de notre vie et pour les intérioriser. Quand nous cherchons les stimuli à l’extérieur de nous-mêmes, nous vivons un phénomène de dispersion. Nous sommes tout aux choses et aux êtres qui nous entourent sans être présents à nous-mêmes. Nous existons mais nous ne vivons pas pleinement, et au moindre choc, l’angoisse nous paralyse.

Toute solitude fait partie de notre expérience de vie. Nous avons la liberté de bien profiter de nos sentiments de solitude pour nous recréer intérieurement ou aller rejoindre la solitude de l’autre lorsque nous le jugeons bon. Chaque personne est un être de relation qui a besoin de partager ce qu’elle est et ce qu’elle possèdent pour générer de nouvelles énergies.

Bienfaits et méfaits de la solitude

 

  1. Une solitude qui détruit
La solitude qui détruit est celle qui se vit dans l’isolement et qui est synonyme de non-communication, de non-engagement, de non-accomplissement.
La solitude qui détruit est aussi celle qui est subie. C’est une solitude très lourde à porter parce qu’elle est génératrice de stress et d’angoisse. Nous pouvons citer plusieurs exemples de ces situations: la solitude de l’enfant qui n’arrive pas à communiquer avec ses parents; la solitude de celui qui est condamné à plusieurs années de prison; la solitude du réfugié qui doit fuir son pays par crainte d’être tué; la solitude de la personne que ses enfants ont abandonnée; la solitude du couple qui n’arrive pas à vivre l’intimité; la solitude du malade dans une maison d’accueil ou sur un lit d’hôpital.
Une liste très longue pourrait s’ajouter à ces différentes situations qui n’ont pas été choisies. Plusieurs itinérants en auraient long à nous raconter sur la solitude qu’ils vivent. Tout au cours de notre vie, nous sommes souvent confrontés à ces deux solitudes; l’une qui nous détruit et l’autre qui peut nous mener sur un chemin constructeur.
  1. Une solitude qui construit
La solitude qui construit est une solitude acceptée. C’est une solitude qui nous amène à être créatifs. Tous ceux qui travaillent dans les arts, les lettres, les sciences, ressentent ce besoin de solitude pour mener à bien leurs réalisations. Tous ceux qui sont dans les soins, en relation d’aide presque constante, en contact avec le public quel que soit leur métier, sentent parfois le besoin de solitude pour se reconstituer et refaire leurs énergies. Ils savent se ménager des temps forts pour se ressourcer intérieurement, soit dans la lecture, le sport, la musique, le cinéma, le théâtre ou dans la nature, lieu par excellence pour méditer et entrer en contact avec l’Essentiel en chacun.
La solitude qui construit est à la grandeur de notre imagination.
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Publié dans amitie - amour

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